Les douleurs au dos, aussi appelées dorsalgies, sont des douleurs extrêmement fréquentes qui concerneront au moins 2 individus sur 3 au cours de leur vie. Les lombalgies, ou douleur au bas du dos, sont les plus fréquentes. Si l’origine peut être variée (hernie, contracture, spondylarthrite etc.), la grande majorité des lombalgies sont bénignes et disparaîtront dans 90% des cas sans traitement spécifique.

Leur prévention est un enjeu crucial pour la société car elles représentent un motif fréquent d’arrêt de travail et peuvent handicaper sévèrement les individus qui en souffrent. Plusieurs facteurs de risque ont déjà été identifiés ; certains non modifiables comme l’âge, et d’autres comme le degré d’activité ou la force des muscles stabilisateurs de la colonne vertébrale sur lesquels l’individus peut agir.

Ces muscles stabilisateurs sont situés tout le long de la colonne vertébrale. Les plus importants d’entre eux, les érecteurs du rachis, permettent l’extension du tronc (se redresser), d’où leur nom. Ils sont parfois appelés improprement « muscles lombaires ».

Plusieurs études ont montré que plus ces muscles sont forts et endurants, plus le risque de développer une lombalgie est faible. Pour mesurer cette force, de nombreux tests ont été développés. Nous avons décidé de vous présenter l’un des plus utilisé et l’un des plus simple : le test de Sørensen.

Le principe est très sommaire : le sujet s’allonge sur une table de manière à positionner son pubis en bout de table. Il est invité à relever son buste. Une fois horizontal, un chronomètre est déclenché. Le sujet doit rester horizontal le plus longtemps possible jusqu’à un maximum de 240 secondes (4 minutes).

 

Le test classique de Sørensen.

 

Une version modifiée réalisable en salle de sport. Le principe est simple et peut être modifié selon votre matériel (un rebord de lit peut faire l’affaire si quelqu’un vous bloque les pieds).

Qu’indique ce test ?

Ce test va solliciter les muscles érecteurs du rachis de manière isométrique (sans mouvement). Plus le sujet tient longtemps, plus ses muscles stabilisateurs sont endurants. Des muscles bien développés vont permettre de stabiliser la colonne en évitant les mouvements parasites et vont permettre de soulager les contraintes appliquées aux disques.

Les muscles érecteurs du rachis s’intriquent le long de la colonne.

Comment l’interpréter ?

Globalement, un temps de maintien inférieur à 2 minutes est constaté chez les sujets lombalgiques.

Contraction inférieure ou égale à 58 sec : risque multiplié par 3 de développer une lombalgie dans l’année !

Moyenne homme : 116 sec

Moyenne femme : 142 sec (les femmes sont souvent plus endurantes à ce niveau et leur motivation à finir le test est supérieure. Pour ces raisons, ce test est souvent moins bien prédictif chez la femme).

Si le sujet arrive au bout des 4 minutes sans relâchement, son risque de dorsalgie est faible.

Que faire avec le résultat ?

Faire ce test permet d’apprécier la résistance de ses muscles lombaires : on peut ainsi dépister une faiblesse musculaire dans cette région et y palier avant d’en subir les conséquences.

Chez les personnes souffrant de douleurs chroniques, le test peut orienter la prise en charge vers un renforcement musculaire adapté.

Comment renforcer les muscles lombaires ?

De nombreuses études ont prouvé que l’exercice physique de manière générale permettait d’améliorer la force des muscles lombaires et réduisait les douleurs dans cette région. De nombreux protocoles existent et la plupart donnent de bons résultats. C’est d’ailleurs le résultat de ces études qui a motivé une campagne de l’assurance maladie « douleurs au dos ? le bon traitement, c’est le mouvement ».

L’important semble être la présence, dans son programme, d’exercices visant spécialement les lombaires ainsi qu’une régularité dans la pratique de ces derniers.

On peut par exemple reprendre l’exercice du test de Sørensen et essayer de tenir plus longtemps chaque jour. Le même exercice peut être fait de manière dynamique, c’est-à-dire en descendant le buste et en le remontant au maximum.

Ce qui pourrait par exemple donner :

  • maintien horizontal : 4 séries de temps maximal espacées d’une minute.
  • relevés de bustes dynamiques : 4 séries de 10 répétitions en rajoutant 2 répétitions chaque semaine.

Ces exercices peuvent être complétés d’exercices de type « planche » pour favoriser en parallèle le développent des muscles abdominaux.

Les hyperextensions lombaires constituent l’un des meilleurs exercices pour les muscles érecteurs du rachis. Notez le « déroulé » de la colonne qui permet de solliciter au mieux ces muscles.

 

Références :

Demoulin, Christophe, Marc Vanderthommen, Christophe Duysens, et Jean-Michel Crielaard. « L’évaluation de la musculature rachidienne par le test de Sorensen : revue de la littérature et analyse critique ». Revue du Rhumatisme73, no1 (1 janvier 2006): 39‑46. https://doi.org/10.1016/j.rhum.2004.08.007.

« Évaluation des muscles paravertébraux chez le lombalgique ». /data/revues/17790123/00010000/19/, 7 avril 2008. http://www.em-consulte.com/en/article/136116#KINA-11-2001-0-0-ENCOURS-101019-art7-FIG1.

Ko, Kwang-Jun, Gi-Chul Ha, Young-Sook Yook, et Seol-Jung Kang. « Effects of 12-week lumbar stabilization exercise and sling exercise on lumbosacral region angle, lumbar muscle strength, and pain scale of patients with chronic low back pain ». Journal of Physical Therapy Science30, no1 (janvier 2018): 18‑22. https://doi.org/10.1589/jpts.30.18.

Lee, Jung-Seok, et Suh-Jung Kang. « The effects of strength exercise and walking on lumbar function, pain level, and body composition in chronic back pain patients ». Journal of Exercise Rehabilitation12, no5 (31 octobre 2016): 463‑70. https://doi.org/10.12965/jer.1632650.325.

« Quelques Chiffres Sur La Lombalgie et Le Mal de Dos ». Lombalgie (blog). Consulté le 13 septembre 2018. http://www.lombalgie.fr/comprendre/quelques-chiffres/.