Non, vous n’êtes pas en train de lire un article du Gorafi : il s’agit du titre d’un article scientifique publié dans le British Medical Journal.

Accès à la publication en cliquant sur cette image.

 

Ses auteurs, Smith et Pell rappellent que le parachute n’a été rigoureusement évalué pour valider son utilisation dans le cas de chute de haute altitude (avion, gratte-ciel ect …). En cause : l’absence d’essai randomisé en double aveugle contrôlé par placebo.

Pourquoi est ce que ce genre d’études n’ont pas été faite ? Le risque élevé de mortalité pour le groupe placebo est la raison la plus probable.

Le parachute est néanmoins utilisé sur la base de données empiriques depuis des dizaines d’année avec succès. Que peut-on en conclure ?

Vous l’aurez compris, il s’agit d’un article de satire.

Son but ? Illustrer l’importance de l’empirisme dans la science.

Le gold standard de la médecine basée sur les preuves, l’essai contrôlé randomisé (ECR) est la preuve la plus forte d’un lien de causalité. Pour autant, une personne qui se cantonnerait à ne baser son jugement que sur les résultats des ECR risquerait d’omettre énormément d’informations émanant de sources moins « fiables » (utilisation historique et empirique, essais in vivo, essai en ouvert, de faible étendu ect…). Cette personne en viendra à faire sauter dans le vide des sujets « contrôle » sans parachute pour s’assurer de l’efficacité du parachute…

La lecture éclairée de cet article nous rappellera une période sombre de l’histoire de la science qu’est la seconde guerre mondiale avec l’utilisation d’essai non éthiques dans des camps de concentration par les nazis. Leur logique borgne d’application de la méthode scientifique à toute les situations et leur absence de considération de la vie humaine a mené à des expériences terribles.

Un homme montre la blessure d’une ancienne prisonnière d’un camp de concentration ayant subit des expérimentations nazies. L’essai mené par des médecins militaires à Auschwitz consistait à provoquer des plaies infectieuses pour tester l’effet des sulfamides antibiotiques. Photo prise au procès des médecin en 1946.

Article riche en morales : considérer à juste titre la grande valeur des ECR, rester ouvert à l’empirisme et aux données moins rigoureuses, ne jamais faire valoir la recherche de la connaissance au-delà de l’éthique.

L’utilisation stricte du registre scientifique en fait un article pour le moins comique : les auteurs évoquent l’histoire naturelle de la chute en parachute (le décès), les complications iatrogénique du traitement par parachute (non-ouverture du parachute), les effets secondaires (fractures)…

Une lecture vivement recommandée !

Source : Smith, Gordon C S, et Jill P Pell. « Parachute use to prevent death and major trauma related to gravitational challenge: systematic review of randomised controlled trials ». BMJ : British Medical Journal 327, nᵒ 7429 (20 décembre 2003): 1459‑61.