What’s in the pipeline est une série d’article visant à vous faire découvrir des traitements originaux actuellement en cours d’étude. Le « pipeline » est une image utilisée pour désigner l’ensemble des molécules étudiée par une entreprise pharmaceutique selon leur état d’avancement (phase I, Iia, IIb, III ect..). A la manière dont un liquide parcourrait un tuyau jusqu’à sortir, les molécules passent au travers d’une batterie de test dont l’aboutissement est la mise sur le marché.

Les pipelines des groupes pharmaceutiques sont généralement en libre accès sur leurs sites web.

 

Le lasmiditan est un médicament destiné à couper la crise migraineuse développé par Eli Lilly qui a déjà montré son efficacité dans plusieurs études.

Figure 1. la structure chimique du lasmiditan.

 

Le traitement : le lasmiditan est un agoniste sérotoninergique spécifique du récepteur 5-HT1F (voir figure 2.) ce qui diffère des triptans qui sont des agonistes 5-HT1B et 5HT1D.

Figure 2. affinité du lasmiditan pour les récepteurs sérotoninergiques. On note l’affinité spécifique pour les récepteurs 5-HT1F

 

Quel intérêt ? bien que les triptans soient des molécules efficaces pour soulager une grande partie des sujets migraineux, leur mode d’action passe par un effet vasoconstricteur responsables d’effets indésirables tel que le syndrome de Raynaud (vasoconstriction artérielles aux extrémités des membres qui coupe l’afflux de sang dans ces régions) ou d’autres plus rares mais très grave comme des infarctus du myocarde ou des AVC.

Le lasmiditan a montré qu’il pouvait soulager la crise de migraine sans entrainer de vasoconstriction.

Le mécanisme exact du lasmiditan n’est pas encore bien connu. Il inhiberait la libération de c-Fos (une protéine de stress cellulaire) au niveau du noyau caudal du trijumeau qui reçoit les afflux nociceptifs de la face.

L’efficacité de ce composé dénué d’effet vasoconstricteur remet en cause l’anatomopathologie de la migraine où une vasodilatation est généralement admise comme étant pourvoyeuse des symptômes.

Quelle efficacité ? Plusieurs études existent. L’une d’elle a testé le lasmiditan contre placebo sur 130 sujets. A deux heures, 65% des personne ayant pris le traitement ont vu leurs symptômes diminuer contre 45% pour le placebo (p=0,0126).

Certains effets indésirables sont apparus comme statistiquement significatifs : paresthésies transitoires (30%), vertiges (15%) et fatigues entres autres. Leur fréquence assez élevée pourrait compromettre son utilisation comme médicament.

L’avenir ? La molécule est actuellement en phase 3 de tests cliniques. Leur issu conditionnera largement la mise sur le marché de ce composé.

#WITP

 

Références bibliographiques :

« Clinical Developpement Pipeline » sur le site de Eli Lilly, consulté le 15 novembre 2017 sur https://www.lilly.com/pipeline/

Rizzoli, Paul B. « Emerging therapeutic options for acute migraine: focus on the potential of lasmiditan ». Neuropsychiatric Disease and Treatment 10 (31 mars 2014): 547‑52. https://doi.org/10.2147/NDT.S25531.