What’s in the pipeline (#WITP) est une série d’article visant à vous faire découvrir des traitements originaux actuellement en cours d’étude. Le « pipeline » est une image utilisée pour désigner l’ensemble des molécules étudiée par une entreprise pharmaceutique selon leur état d’avancement (phase I, Iia, IIb, III ect..). A la manière dont un liquide cheminerait le long d’un un tuyau jusqu’à sa sortie, les molécules passent au travers d’une batterie de test dont l’aboutissement est la mise sur le marché.

Les pipelines des groupes pharmaceutiques sont généralement en libre accès sur leurs sites web.

La molécule d’aujourd’hui est dans le pipeline de Hoffmann-La Roche et est actuellement en phase I (située après les études sur animaux, ces études visent à déterminer la tolérance par des sujets sains).

 Le traitement : Il s’agit du RG7861, un anticorps anti Staphylococcus aureus couplé au rifalogue, un antibiotique.

Figure 1. schéma représentant le RG7861. MRSA = Multi-Resistant Staphylococcus Aureus.

 

Quel intérêt ? Le staphylocoque doré a développé de multiples résistances aux antibiotiques rendant son traitement de plus en plus difficile. De plus, la bactérie a développé des mécanismes non spécifiques d’échappement aux traitement, notamment en résistant à la phagocytose ce qui lui permet en plus d’échapper aux agressions extérieurs. Actuellement, jusqu’à 50% des traitements dirigés contre cette bactérie échouent.

Le RG7861 se fixe spécifiquement aux S. aureus et y reste fixé lorsque la bactérie se fait phagocyter. La liaison entre l’anticorps et le rifalogue est clivée dans la phagolyzosome, libérant ainsi cet antibiotique à proximité des bactéries intracellulaires.

Figure 2. mécanisme de fixation du RG7861 à S. aureus.

 

Quelle efficacité ? Revue d’études pré-cliniques. Le RG7861 a été comparé à la vancomycine (actuellement traitement de référence) lors d’infections de souris avec une souche virulente de S. aureus. Lorsque les souris sont traitées à la vancomycine, 90% des bactéries sanguines se retrouvent en intra cellulaire dans les 15 minutes suivant l’administration ce qui confirme le résultats d’études précédentes.

L’admiration du RG7861 24 h après infection de la souris a permis de réduire de manière très significative la charge bactérienne présente au niveau des reins par comparaison à la vancomycine (voir figure 3.).

Figure 3. charge bactérienne dans le rein des souris infectés selon le traitement. Anti-beta-WTA mAb only = RG7861 dépourvu de son antibiotique (anticorps non conjugué à l’antibiotique), Vanco = vancomycine, Anti-MRSA ACC = RG7861 complet (anticorps couplé au rifalogue).

L’avenir :  ces résultats prometteurs ont motivé la mise en place d’une étude de phase I visant à déterminer sa sécurité clinique. Si celle ci est concluante, le RG7861 pourra être testé chez des personnes malades infectées par des souches de S. aureus multirésistantes.

#WITP

 

Références bibliographiques :

« Pipeline » du site de Hoffmann-La Roche. Consulté le 15 novembre 2017. Accessible sur http://www.roche.com/research_and_development/who_we_are_how_we_work/pipeline.htm.

Lehar, Sophie M., Thomas Pillow, Min Xu, Leanna Staben, Kimberly K. Kajihara, Richard Vandlen, Laura DePalatis, et al. « Novel Antibody–antibiotic Conjugate Eliminates Intracellular S. Aureus ». Nature 527, nᵒ 7578 (4 novembre 2015): nature16057. https://doi.org/10.1038/nature16057.