Cet article est un complément abonné, se rapportant aux dossiers « Soins palliatifs et approche médico-sociale de la Mort » et « Vaccins et maladies infectieuses », publiés dans le N°65 du Comprimé. 

Une discrimination longuement et vainement débattue par les associations de lutte contre le sida ou les hépatites, un « non-traitement » funéraires de corps ignoré par une large part de la population française : voilà le tableau bien funeste que le gouvernement a récemment eu pour projet de modifier.

Les témoignages se multipliaient dans la presse ; autant de récits déchirants et poignants d’hommes et de femmes à propos de leurs deuils entravés, ternis par une législation non actualisée et ignorante des dernières découvertes médicales et scientifiques.

Et pourtant, l’avancée est bien réelle : à partir du 1er janvier 2018, les personnes défuntes atteintes du SIDA ou d’une hépatite virale pourront bénéficier des soins funéraires de conservation au même titre qu’une personne non infectée. Résumés sous le terme de « thanatopraxie », les soins ont pour but commun de prévenir la décomposition naturelle, de réduire les risques d’infection microbiologique ou encore d’assurer une présentation dans l’apparence de la vie lors des funérailles.

Sujet de discorde dans l’hémicycle ces cinq dernières années, le débat de la « thanatopraxie pour tous » a finalement abouti, avec cette mesure qui prendra effet suite à la publication d’un arrêté dans le Journal Officiel, le 20 juillet 2017. En effet, parmi les contre-arguments récurrents, figuraient l’exposition aux fluides biologiques et au sang et l’incapacité de réunir toutes les conditions universelles d’hygiène et de sécurité pour l’exercice des soins de conservation. Etaiement aujourd’hui réfuté.

Toutefois, ce droit reste retiré à certains défunts, notamment morts de la rage, de la peste, du choléra ou de la maladie de Creutzfeld-Jacob … Pourrait-on envisager, dans l’avenir, une avancée sociétale similaire ?

Pour plus d’informations : l’arrêté du 20 juillet 2017