Décidément, le changement de formulation du Lévothyrox® n’a pas fini de faire parler de lui ! En effet, une mésestime grandissante a gagné les patients, qui sont nombreux, d’ailleurs, à quémander un retour à l’ancienne formulation. Pourtant, le laboratoire MERCK campe sur ses positions. Un dialogue de sourds, dans lequel le pharmacien d’officine, arbitre contre son gré, tempère l’angoisse et l’appréhension des malades, éternellement ravivée par les médias.

Toutefois, certains d’entre eux sont parvenus à trouver une parade : la L-Thyroxine Serb®. En solution buvable ou injectable, elle est aussi indiquée dans le traitement des hypothyroïdies, mais cible principalement une population bien définie : la solution buvable est destinée aux patients de moins de huit ans et aux adultes peinant à déglutir (risque de fausse route avec une forme solide per os) ; la solution injectable est réservée aux patients ne pouvant déglutir (inconscience, coma …). Un détail qui aurait échappé à plusieurs prescripteurs, augmentant considérablement, et sur un laps de temps très court, le nombre de boîtes de L-Thyroxine Serb® délivrées.

Un contexte suffisant pour provoquer une tension d’approvisionnement, à l’origine d’une alerte de la part de l’Agence Nationale de la Sécurité du Médicament et des Produits de Santé. Le message est clair, et vise à rappeler l’indication première du nouvel ersatz du Lévothyrox®, qui a semble-t-il fait mouche …

Etonnant, pourtant : à la fois contraignante, car la solution buvable doit être maintenue au frais durant toute la période d’utilisation, mais aussi car sa composition galénique est bien plus aux antipodes du Lévothyrox® « première génération » que la formulation actuelle sans lactose « si problématique », ce que les patients ne semblent pas forcément relever …