Les modalités de dispensation de certains médicaments se sont donc précisées. En effet, il sera désormais possible, à compter au plus tard du 1er janvier 2022 de dispenser des médicaments à l’unité. L’avenant 20 à la Convention Nationale Pharmaceutique a été publié ce 11 février au Journal Officiel, et signé le 12 février dernier par L’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) et l’Assurance Maladie. Un avenant est un texte qui complète le texte initial de la Convention des pharmaciens  titulaires d’officine.

Cette évolution s’inscrit dans le cadre de la LOI n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire.

“Art. L. 5123-8.-Afin d’éviter le gaspillage des médicaments, lorsque leur forme pharmaceutique le permet, la délivrance de certains médicaments en officine peut se faire à l’unité.”

Dans quel but ?

Cette loi a été votée dans le but d’éviter le gaspillage des médicaments. En effet, cela permettrait la délivrance d’un nombre plus limité de boîtes de manière plus adaptée.

Par ailleurs, elle permettra de mieux contrôler la prise de certains médicaments, d’en améliorer l’observance et d’éviter un potentiel mésusage. Le pharmacien sera en mesure de bien rappeler les prescriptions faites par le médecin en ce qui concerne les précautions et les posologies.

Quels médicaments ?

Cet accord concerne pour l’instant 22 classes thérapeutiques, la liste exacte sera d’ici là publiée sous la forme d’un arrêté par les ministres de la Santé et la sécurité sociale.

Cependant, il ne concernera pas n’importe quels traitements, uniquement ceux dont la posologie peut être adaptée. Il est par exemple question de l’appliquer dans le cadre de la délivrance de l’ibuprofène, des médicaments pour les troubles du transit ainsi que les antiseptiques et désinfectants.

La principale problématique de cette évolution concerne la traçabilité de ces médicaments qu’il faudra assurer malgré tout. Il faudra donc d’ici 2022 trouver une solution.

Quels bénéfices pour les officinaux

S’il s’avère que la mise en place de ce dispositif permet la diminution du nombre de boîtes délivrées, une part de ces bénéfices reviendra donc aux officines.

Un certain nombre de contraintes

Il faut cependant aussi se pencher les contraintes supplémentaires qui en découlent. En effet, malgré un certain nombre d’atouts, cette loi peut également poser de nouvelles contraintes aux industriels ainsi qu’aux pharmaciens.

Le temps de dispensation à l’officine sera probablement plus important, puisqu’il faudra diviser le produit et ensuite informer le patient afin de limiter les risques d’erreurs. Se posera alors la question du stockage de ces médicaments déjà ouverts. Le déconditionnement implique pour eux des contraintes et des responsabilités supplémentaires.  Par ailleurs, du côté des industriels, il faudra sûrement revoir certains conditionnements ainsi que les procédures de vigilance des médicaments à l’unité.

Conclusion 

La période d’essai prévue est de deux ans. Un nouveau bilan sera ensuite réalisé afin d’établir des conclusions.

Sources

LOI n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, Legifrance

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=261B4F180BB86D4B0980A6BA758E07A2.tplgfr25s_3?cidTexte=JORFTEXT000041553759&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000041553756

Ameli, Article du 12 février 2020 

https://www.ameli.fr/pharmacien/actualites/mise-en-place-de-la-dispensation-adaptee-par-les-pharmaciens

Illustration : Le Moniteur des pharmacies, 23/05/2017, Dispensation à l’unité : les propositions chocs de Cyclamed

https://www.lemoniteurdespharmacies.fr/actu/actualites/actus-socio-professionnelles/170523-dispensation-a-l-unite-les-propositions-chocs-de-cyclamed.html