Coronavirus, serpent et chauve-souris? 

Alors que le “2019-nCoV” envahit la toile en parallèle à sa propagation mondiale, les services sanitaires ainsi que les chercheurs mettent en œuvre leur compétence afin de cerner ce nouvel ennemi faisant partie de la famille des coronavirus.

Comme l’indique son nom, le virus couronné aurait pour réservoir la faune sauvage. En effet, des scientifiques chinois dont des bio-informaticiens travaillent actuellement sur une piste d’origine possible. Son génome est issu d’une recombinaison de deux génomes de coronavirus, dont l’un infecterait les chauve-souris.  Une comparaison a pu être faite avec une banque de données de coronavirus susceptibles d’avoir pour réservoir les animaux. Sur toutes les espèces étudiées, le deuxième coronavirus de la recombinaison aurait pour hôte des serpents. On considère alors ces derniers comme le réservoir le plus probable pour ce virus émergent. 

Le coronavirus responsable de l’épidémie actuelle rappelle encore une fois les risques de maladies infectieuses d’origine animale. Cela engendre des nuées de réflexions en parallèle. A une époque où l’anthropisation pose de grandes problématiques écologiques, nous devons remettre en question notre impact sur le monde au sein duquel nous vivons. Conséquence de la mondialisation et du changement climatique,  ces paramètres modifient drastiquement la façon dont les animaux et nous-même interagissons.

Les maladies et les infections dont les agents se transmettent naturellement des animaux vertébrés à l’être humain sont appelés zoonoses

Une multitude de maladies infectieuses que nous connaissons se  propagent de façon vectorielle. 

Contamination du singe à l’homme: dans les années 80, crise du SIDA. Le VIH continue d’être aujourd’hui le sujet de nombreuses recherches. 

Il y a environ une décennie de cela l’envol des chiffres d’infections liées à la grippe aviaire entre 2004 et 2007 provenaient du réservoir que sont les oiseaux pour ce virus. En 2009, il s’agissait des cochons et la pandémie de grippe porcine. Le Sars qui est le coronavirus responsable du syndrome respiratoire aigu sévère, ainsi que le virus Ebola proviennent du réservoir des chauves-souris.

Anthropisation, les hommes en portent la couronne! 

Les humains attrapent des maladies et ce n’est pas nouveau…

Cependant les changements environnementaux, l’urbanisation,  la multiplication des voyages internationaux et des flux humains modifient profondément les dynamiques hommes-faune et signifie alors que lorsque des maladies apparaissent, ces dernières peuvent se propager bien plus rapidement qu’auparavant. L’anthropisation désigne alors les transformations  de espaces, des paysages et des écosystèmes sous l’action de l’homme. 

En effet, les animaux sont porteurs de divers bactéries et virus qui peuvent provoquer des maladies: ces agents pathogènes arrangent leur  survie évolutive en infectant de nouveaux hôtes. Cela se passe par exemple en infectant d’autres espèces que celles touchées au départ. 

En parallèle,  nous comprenons bien qu’en supprimant des espaces naturels ou en modifiant l’habitat des animaux par nos modes de vie, nous changeons aussi  la façon dont ils vivent et où ils vivent. Plus de la moitié de la population mondiale vit désormais en milieu urbain, l’agriculture et l’exploitation des ressources transforment les espaces. Il y a 50 ans seulement un tiers de la population vivait en ville. Ces grands espaces transformés deviennent  une nouvelle maison pour les souris et les rats, les oiseaux, les renards ou encore les singes selon les endroits du globe. Le plus souvent, ces espèces sauvages prolifèrent mieux dans les villes que dans la nature car il y a une certaine abondance alimentaire provenant de nos déchets ou surplus jeté. Ces espaces urbains deviennent alors un nid pour l’évolution des maladies. Les pathogènes peuvent également se propager rapidement dans les grandes villes due à la densité humaine et aux espaces clos. Dans certaines cultures, les populations se nourrissent  de la faune urbaine ou d’animaux sauvages capturés dans les environs, ce qui présente risque considérable si nous prenons compte des dynamiques instaurées par l’urbanisation et la mondialisation.

Lorsque nous modifions l’environnement, nous ne perturbons pas seulement le climat comme cela est toujours mis en avant dans les débats! Nous impactons également irréversiblement les écosystèmes et par extension  l’équilibre entre la faune et les hommes. 

Sources :
https://agriculture.gouv.fr/les-zoonoses-ces-maladies-transmissibles-entre-lhomme-et-lanimal
https://agriculture.gouv.fr/les-zoonoses-ces-maladies-transmissibles-entre-lhomme-et-lanimal
https://www.cnews.fr/monde/2020-02-02/virus-en-chine-dou-vient-le-nom-coronavirus-923459
https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/virus-chauves-souris-seraient-reservoir-nouveau-virus-chine-79290/
https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/coronavirus-wuhan
https://m.actu-environnement.com/dictionnaire-environnement/definition/anthropisation.html
consultés le 4.01

Image :  https://www.objetschinois.com/kcfinder/upload/images/Blog/chauve-souris-chinoise.jpg