Il y a quelques semaines on vous parlait des conséquences du bringe drinking, notamment sur la mémoire. Cette semaine, en tant que lendemain de soirée du nouvel an (on espère que vous avez tous bien fêté avec modération bien sûr 😉), on va se pencher sur une nouvelle conséquence : la modification du circuit de la récompense chez l’adolescent.

Le bringe drinking est, pour rappel, une pratique bien connue consistant à consommer de grandes quantités d’alcool. Cette dernière entraînerait d’importants dégâts très visibles dans le cerveau chez les adolescents : notamment des dommages cellulaires, et des pertes de mémoire à court terme. D’après les chercheurs, ces conséquences sont réversibles mais pourraient laisser des séquelles en cas de pratiques répétées.

Une équipe d’IMAGEN Study s’est intéressée aux conséquences de l’alcool sur le système de récompense chez l’adolescent. Cette étude a pu se réaliser par le biais d’un questionnaire, rempli par les adolescents de 16 ans qui étaient abstinents lors du remplissage d’un précédent questionnaire deux ans auparavant.  Grâce à ce dernier, une évaluation a été faite pour déterminer de « gros consommateurs » par un certain score, ils ont également écarté les personnes à risque par des prédispositions environnementales ou génétiques, ou atteints de maladies psychiatriques.

Ils ont émis l’hypothèse qu’il y avait des modifications microstructurales précoces dans le mésencéphale chez les jeunes qui consommaient de l’alcool de manière abusive.

Ils ont comparé les images cérébrales de l’âge de 14 et 16 ans obtenues par le biais d’IRM. Des anomalies ont alors été mises en évidence, marquées par des altérations de la myéline au niveau des fibres nerveuses, qui se répercutent au niveau du mésencéphale. Ils en ont alors conclu que l’alcoolisation chez ces jeunes perturbait le développement de ces fibres.

D’autres tests ont été réalisés, par l’évaluation de la tâche de retard d’incitation monétaire afin d’évaluer le système de récompense. Une autre conclusion en a été tirée : ces adolescents sont hypersensibles à la récompense. En effet, les jeunes dont la consommation d’alcool a été déterminée comme « importante » ont été comparés à un groupe d’adolescents témoins ; le premier groupe ayant une efficacité supérieure sur une certaine action lorsqu’une récompense se trouve à la clé.

L’alcool serait responsable d’une hypersensibilité aux récompenses dans le cerveau des jeunes. Ce qui pourrait être à l’origine d’un risque accru de dépendance… Affaire à suivre !

Et qui dit nouvel an, dit certes 2020, mais dit aussi janvier, ce qui signifie le lancement du mois sans alcool. On rappelle que l’alcool tue 41 000 personnes par an, alors c’est peut-être l’occasion d’essayer ?

Néanmoins, l’équipe du Comprimé vous souhaite une très belle année 2020, qu’elle soit riche en rires, en bonheur, en amour, pleine de santé et de réussite.

Sources : 

“Heavy drinking in adolescents is associated with change in brainstem microstructure and reward sensitivity”, par IMAGEN Connsortiu, le 21 juillet 2019. https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/adb.12781  

« L'abus d’alcool altèrerait le circuit de la récompense dans le cerveau des ado », le 13 septembre 2019 https://www.inserm.fr/actualites-et-evenements/actualites/abus-alcool-altererait-circuit-recompense-dans-cerveau-ado   

« Alcool : La mémoire trinque encore », le 12 novembre 2019 https://www.inserm.fr/actualites-et-evenements/actualites/alcool-memoire-trinque-encore 

Images : 
 https://demarchesadministratives.fr/images/actualites/2361/le-mois-sans-alcool-se-fera-aussi-sans-letat-en-2020-1.jpg 
 https://www.1001cocktails.com/magazine/wp-content/uploads/screen-capture-13.jpg