Une étude de la faculté de médecine de l’Université John Hopkins, réalisée par Nicola Heller suggère que disposer d’un taux de testostérone plus important protège davantage les hommes de l’asthme que les femmes.

En effet, durant l’enfance, les garçons sont plus susceptibles d’être atteints d’asthme que les filles. Cette tendance s’inverse à l’adolescence avec le développement de la production hormonale au bénéfice des hommes, ceux ci étant moitié moins sujets à l’asthme que leurs consœurs XX.
Pénétrons légèrement dans la physiopathologie de l’asthme. Celui ci est défini comme une inflammation bronchique chronique. Cette inflammation entraîne alors une contraction des muscles lisses du poumon, qui génère par la suite une gêne respiratoire et/ou un sifflement que les moins chanceux d’entre nous ne connaissent que trop bien.  Le poumon de l’asthmatique sécrète également plus de mucus et subit une restructuration de son muscle lisse au profit de la contraction qui réduit encore plus le passage de l’air .
Cela nous amène à la question qui nous tourmente, mais d’où provient cette inflammation, et qu’a-t-elle à voir avec nos pendules gonades ?
Ne vous torturez plus, Jacqueline Yvonne Cephus et ses collègues ont déterminé qu’une population lymphoïde, les cellules lymphoïdes innées de type II, se promenant ici dans le poumon est responsable de ce trouble. Ces lymphocytes sont présents en nombre plus important chez les asthmatiques, notamment chez les femmes, et produisent des cytokines en réponse à un trigger,  qui peut être environnemental.

Ce qu’on ne savait pas jusqu’alors, c’est que la testostérone et sa petite sœur, la dihydrotestostérone permettaient de réguler la prolifération et l’inflammation générée par cette population cellulaire  en réduisant la production de cytokines, notamment les interleukines 2, 5 et 13, conduisant à une diminution de cellules innées de type II et à une diminution de l’éosinophilie pulmonaire liée à l’asthme.

Ce dimorphisme sexuel immunitaire ouvre la porte non seulement à de nouvelles possibilités de traitement, mais aussi à un changement de perspective face aux pathologies immunitaires en fonction du sexe.
Mesdemoiselles, Mesdames, nous vous déconseillons néanmoins de tenter une greffe comme notre photo l’illustre.

 

Testosterone Attenuates Group 2 Innate Lymphoid Cell-Mediated Airway Inflammation; Jacqueline-Yvonne Cephus DOI