Utiliser un virus afin de traiter d’autres pathologies peut paraître farfelu, mais il s’agit bien d’une potentielle nouvelle thérapeutique afin de soigner une forme de cancer cérébral très agressive : le glioblastome.

Le glioblastome est en effet la tumeur cérébrale la plus grave et la plus fréquente, avec un taux de mortalité restant très élevé et une espérance de vie ne dépassant pas deux ans.  Le traitement consiste à cibler les cellules cérébrales progénitrices cancéreuses par chimio ou radiothérapie, mais il est peu efficace, car ces cellules cancéreuses possèdent un mécanisme d’échappement au système immunitaire et ont une forte capacité à induire une augmentation de l’angiogenèse.

Ainsi, des chercheurs américains se sont penchés sur ce problème, en travaillant avec des virus oncolytiques, en particulier le virus Zika. Il s’agit d’un Flavivirus transmis par un vecteur : le moustique du genre Aedes. Chez l’adulte, ce virus provoque des fièvres, céphalées, des éruptions cutanées, une asthénie et des douleurs articulaires et musculaires. Mais chez le nouveau-né, les conséquences sont beaucoup plus graves : le virus est à l’origine de microcéphalies causant un important retard mental chez l’enfant. Alors comment traiter un cancer avec ce virus, en étant sûr qu’il n’aura pas de conséquences graves ?
L’équipe du Dr. Zhe Zhu montre, grâce à une étude préclinique, que le virus Zika aurait un tropisme pour les cellules progénitrices cancéreuses. Les résultats de cette étude montrent qu’ in vitro, le virus provoquerait une perte de prolifération des cellules cancéreuses sur un modèle cellulaire mimant un glioblastome humain, et peu d’effets sur les cellules saines. Les résultats in vivo, sur modèles murins, sont également concluants, ainsi, les chercheurs ont l’espoir de pouvoir tester cette thérapeutique sur l’Homme d’ici deux ans seulement, afin de pouvoir compléter le traitement par chimiothérapie. Le travail se fera essentiellement sur le développement de l’ingénierie génétique, afin de modifier le virus pour que l’éventuel traitement soit inoffensif, efficace et utilisable chez l’Homme.

Pour en savoir plus sur cette étude ou sur les méthodes utilisées :
Zhe Zhu et al. Zika has oncolytic activity against glioblastoma stem cells. Dans The Journal of Experimental Medicine, le 5 septembre 2017. Doi :  10.1084/jem.20171093