A quelques jours de la rentrée pour plusieurs milliers d’élèves, collégiens, lycéens et étudiants, une étude, publiée dans le British Journal of Psychiatry, mettrait en exergue les bénéfices – oui, vous avez bien lu – de l’anxiété vis-à-vis des études. Explications.

Portée sur 5 649 étudiants, fréquentant des écoles francophones au Québec, présentant tous des « profils désavantageux » pour les études, l’investigation visait à définir une relation linéaire entre intensité de l’anxiété et risque d’échec scolaire. Contre toute attente, la réalité cacherait plutôt une représentation gaussienne de la résultante de ces deux paramètres, à la surprise générale.

Selon l’étude menée, les étudiants très anxieux sont, bien entendus, sujets à risque d’échec durant leur cursus. Rien d’étonnant … mise à part une autre constatation : les étudiants peu – voire pas du tout – anxieux se révéleraient aussi être des profils d’étudiants accumulant les redoublements.

Une explication proposée par les chercheurs serait la suivante : l’étudiant est, par comparaison rapprochée, dans une dynamique proche du sportif : rapidement ennuyé, percevant rapidement une redondance dans ses activités, un peu de sentiment d’anxiété permettrait à l’étudiant de s’impliquer davantage dans ses études, d’y fournir un investissement plus régulier. Une logique surprenante, mais qui semble satisfaire nos scientifiques.

Cette étude semble ainsi révolutionner l’interprétation des échecs scolaires : alors qu’on pointait généralement le doigt sur la qualité des enseignements et des lieux d’études, ou encore la stabilité socio-économique de l’étudiant (job étudiant, problèmes familiaux ou financiers …), il se pourrait bien que des paramètres individuels entrent également en jeu, comme l’appréhension personnelle de l’anxiété ou de la dépression, jusqu’alors régulièrement minimisés.

A quand une exploitation fonctionnelle et numérique, pour déterminer avec précision la « quantité d’anxiété » nécessaire pour réduire au mieux le risque d’échec scolaire ? A vos calculatrices et à vos graphes !

Plus d’excuses, étudiants de la filière Santé : l’angoisse des examens ne sera plus un frein, mais un moteur des plus galvanisants !

Source : Frédéric N. Brière et al. Depressive and anxious symptoms and the risk of secondary school non-completion, The British Journal of Psychiatry (2017).