Notre quotidien est indéniablement une succession de frustrations, de contradictions et parfois même de conflits. Savoir s’imposer s’avère nécessaire, mais sommes-nous tous égaux face à l’adversité ?

Une étude menée chez des souris mâles pourrait apporter une réponse, quoique partielle, à cette question. Confrontées l’une à l’autre, deux souris mâles se retrouvent nez à nez dans un tube. Ce dernier ne permet aucun demi-tour, ni même un passage côte à côte des souris. L’une doit donc s’imposer, l’autre se soumettre.

Les chercheurs ont ainsi pu mettre en évidence une région cérébrale, par imagerie fonctionnelle, le cortex préfrontal dorsomédial (dmPFC), qui s’activerait à chaque sursaut de domination, et à l’inverse qui présenterait une certaine inactivité dans les phases de soumission.

Pour aller plus loin, les chercheurs sont parvenus à inactiver de manière artificielle cette région soupçonnée d’être le siège de la domination sociale. Puis, finalement, à activer temporairement, par optogénétique, le dmPFC, pour observer le comportement de la souris ainsi stimulée. Sans surprise, les souris stimulées réagissent, s’imposant à l’autre faisant figure de témoin.

Cette découverte semble soulever bien d’autres questions philosophiques, parfois insoupçonnées : celles de l’individualité, de la personnalité, du groupe, de la société mais aussi de la biologie au service de la guerre.

Petite zone d’ombre toutefois : on ignore toujours le mécanisme qui siègerait chez la femme … Affaire à suivre.

Source : History of winning remodels thalamo-PFC circuit to reinforce social dominance, Science  14 Jul 2017: Vol. 357, Issue 6347, pp. 162-168.