Ça y est, l’automne est arrivé, le mois de septembre s’est achevé, celui d’octobre a commencé. Et qui dit octobre, dit « Octobre Rose ». En effet, c’est la 26ème année consécutive de ce mouvement. C’est dans ce cadre-ci, qu’une vague rose s’est engouffrée dans les rues strasbourgeoises, ce dimanche matin.

Mais qu’est-ce que c’est « Octobre rose » ?

C’est un mois consacré à la lutte contre le cancer du sein, lancé par l’association « Cancer du sein, Parlons-en ». Elle a pour but de mettre en avant les combattants, de parler de cette maladie, et de réunir des fonds dans le but d’aider à financer les recherches autour de cette dernière.

Ainsi pendant ce mois-ci, des campagnes d’informations sont lancées dans le but de favoriser le dépistage et surtout de sensibiliser les femmes à ce fléau (rappelons que le cancer du sein est le plus fréquent et le plus mortel des cancers chez la femme).

Chaque année sont détectés plus de 59 000 cas engendrant près de 12 000 décès.

Ainsi, plusieurs manifestations sont réalisées par cet organisme dans le but de récolter des fonds pour financer la recherche. L’évènement phare est la strasbourgeoise (organisée ce dimanche 6 octobre), une course de 5km réservée aux femmes, dont une partie de l’inscription est reversée à l’organisme. En parallèle, sur le même parcours est organisée une marche. Cette année, 12 000 participants, dont 4000 coureuses ont cavalé dans les rues, tout de rose vêtus. Evidemment, en tant que futurs professionnels de santé, les étudiantes en pharmacie ont bravé la pluie et le froid matinal pour défendre cette cause.

Comment se caractérise le cancer du sein ?

C’est par une tumeur maligne au niveau de la glande mammaire, semblable a une boule pouvant être palpée par la patiente qu’il se définit. Mais pas de panique, il se peut que ce ne soit également qu’une tumeur bénigne aussi appelée fibrome.

Il existe plusieurs symptômes visuels à cette maladie :
– une grosseur au niveau du sein ou de l’aisselle
– une modification de la forme ou de la taille du sein
– un écoulement par le mamelon
– un changement d’aspect de la peau du sein ou de l’aréole (comme par exemple des crevasses, une pigmentation, un œdème ou bien une rougeur)  

Comment évite-t-on tout ça ?

Il n’est à l’heure actuelle, malheureusement pas encore possible d’éviter le développant de cette tumeur maligne. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut rester les bras croisés. Il est important d’être attentif aux signes, ce qui permet une prise en charge dans les plus bref délais (notons que plus tôt c’est détecté, plus les chances de guérison sont élevées, et d’ailleurs plus c’est tôt moins le traitement et les séquelles sont lourds).

Pour cela, il faut se faire dépister : il est conseillé de 50 à 74 ans de réaliser une mammographie et un examen clinique tous les deux ans (cet examen est pris en charge à 100%). En plus de cela, les médecins poussent les femmes à s’auto-palper tous les mois, et ceux dès la puberté.

Pour s’auto-palper pas besoin de savantes connaissances en médecine. Il suffit de lever le bras, puis avec les trois doigts centraux de la main opposée masser le sein en faisant des petits cercles. Il faut répéter ce geste sur toute la surface du sein, et surtout ne pas oublier la zone entre le sein et l’aisselle ! Cette palpation peut être facilitée dans la position allongée. Enfin, pressez délicatement le mamelon, afin de pouvoir détecter un éventuel écoulement. Dans ce cas, ou en présence d’un relief anormal, contactez votre médecin. Il est préférable de le réaliser la semaine suivant les menstruations pour une meilleure souplesse des tissus.

Cependant, il existe aussi des facteurs de risques, rendant certains patients plus sujets à cette maladie :
– l’âge : après 50 ans le risque est plus important
– la présence d’antécédents familiaux et personnels comme la survenue d’un cancer dans le passé chez le patient ou quelqu’un de sa famille. (15% des patientes traitées développent un cancer de l’autre sein)
– la prédisposition génétique : présence de mutation des gènes BRCA 1 (chromosome 17) et BRCA 2 (chromosome 13), impliqués dans la réparation des lésions de l’ADN, augmente donc le risque de développer un cancer du sein.
– le mode de vie : alcool, tabac, le manque d’activité physique, ou encore le surpoids.

Ce n’est pas un peu sexiste tout ça ?

En fait, pas tant que ça… Les hommes peuvent également être touchés par le cancer du sein, même si c’est rare, cela représente 1% des cancers mammaires. Il se déclenche vers la soixantaine. Il existe des traitements reposant de façon initiale sur le tamoxifène (bloquant l’action stimulante des œstrogènes sur les seins) et en cas d’échec, la tumeur est enlevée par une mastectomie. Le problème c’est que l’incidence chez l’homme est qualifiée de « rare », ainsi lors du diagnostic le cancer est souvent déjà bien développé…

Pour les hommes aussi il existe certains facteurs de risque : comme le syndrome de Klinefelter, une fonction testiculaire diminuée, des organes sexuels peu développés, une anomalie hormonale, une gynécomastie, ou encore la cirrhose du foie (responsable d’une hausse du taux d’œstrogènes, ou une diminution du taux d’androgènes pouvant entrainer un cancer du sein). Les symptômes sont identiques à ceux du cancer chez la femme. Alors messieurs, la prévention s’adresse également à vous.

Et où en est la recherche ?

Le financement de la recherche a déjà bien porté ces fruits. En effet, il existe déjà plusieurs traitements sur le marché.

Ces derniers reposent majoritairement sur la chirurgie (tumorectomie : retrait de la tumeur en épargnant la glande mammaire, mastectomie : ablation totale du sein) ou la chimiothérapie, couplée ou non à la radiothérapie (responsables malheureusement de beaucoup d’effets secondaires). Mais il existe également l’hormonothérapie visant à priver la tumeur d’hormones en surexprimant les récepteurs hormonaux (surtout afin d’éviter les récidives), les thérapies ciblées à l’aide d’anticorps monoclonaux ou encore l’immunothérapie visant à stimuler les défenses immunitaires.

Mais ces traitements restent traumatiques et laissent des séquelles, ainsi on cherche à limiter les chirurgies afin de rendre le traitement moins invasif, et personnaliser les traitements en fonction de plusieurs facteurs (éviter surtout les traitements mal tolérés ou peu efficace chez certains profils).

Les chercheurs ont donc pour but de trouver de nouvelles pistes thérapeutiques. De plus, ils cherchent à établir de nouvelles connaissances sur les processus de cancérisation afin identifier plusieurs mécanismes : celui du déclenchement des tumeurs, des interactions avec les cellules des tissus environnants, de la migration des métastases ainsi que la formation de leur structure si propice à la diffusion, ou encore celui des modifications d’activité de certains gènes pendant les différentes phases. Ils ont également le souhait d’identifier des biomarqueurs pouvant prédire l’apparition et la résistance aux différents traitements des métastases. Ils espèrent pouvoir améliorer la prévention du cancer du sein, et nous tous espérons qu’un jour, ils trouvent une solution pour éradiquer de façon définitive le cancer.

Et pourquoi participez-vous à la Strasbourgeoise ?

« Parce que c’est pour la bonne cause, et ça nous concerne toutes » – C.

« J’adore cette ambiance d’union pour la bonne cause » – L.

« Pour permettre de contribuer à une échelle minime à la recherche et la lutte contre le cancer du sein » – S.

« Moi je viens encourager les participantes chaque année, parce qu’ayant eu un cancer, je me sens particulièrement concerné » – P.

« Pour soutenir les personnes atteintes d’un cancer, pas forcément le cancer du sein mais le cancer en général » – M.

« Pour soutenir la bonne cause » – L.

« Pour montrer ma solidarité aux malades, parce que si tout le monde était solidaire, le monde irait beaucoup mieux » – J.

« Parce que courir c’est plus facile, que se battre contre la maladie » – N.

« Parce que je ne suis ni médecin, ni scientifique, mais j’ai des baskets alors on apporte ce qu’on peut. » – D.

« Pour apporter mon soutien à mon amie, et au-delà, à toutes les femmes qui sont atteintes du cancer du sein » – M.

Source :

« CANCER DU SEIN : LES AUTRES TRAITEMENTS » et « CANCER DU SEIN : LES TRAITEMENTS LOCAUX » par Mathilde Regnault, le 25/03/2017, consulté le 8/10/2019 sur le site de L’institut Curie https://curie.fr/

« RECHERCHE SUR LE CANCER DU SEIN : LES AVANCÉES RÉCENTES » par Mathilde Regnault, le 26/03/2017, consulté le 8/10/2019 sur le site de L’institut Curie https://curie.fr/ 

« Cancer du sein : les espoirs de la recherche » mis à jour le 24/09/2019, consulté le 8/10/2019 https://www.fondation-arc.org/cancer/cancer-sein/espoirs-recherche 

« Comment s’auto-examiner les seins » publié le 14/03/2017, consulté le 8/10/2019 https://www.gynandco.fr/sauto-examiner-seins/ 

« Cancer chez l’homme » et « Cancer du sein » de l’institut national du cancer, consulté le 8/10/2019 https://www.e-cancer.fr/ 

Images : 
https://rubanrose.org/cancer-du-sein/depistage-diagnostics/observation-seins 
https://www.santemagazine.fr/sante/maladies/cancer/cancer-du-sein/cancer-du-sein-depistage-traitements-200412