Afin d’expliquer la première phase du développement de la maladie d’Alzheimer, des chercheurs se sont intéressés plus particulièrement à la baisse du débit sanguin. Ce dernier était connu depuis longtemps mais le mécanisme était inexpliqué jusqu’à maintenant, et on l’évoquait comme la « conséquence de la mort des neurones » et non comme une possible cause.
Et si l’étude du débit sanguin permettait d’arriver à bout de cette maladie ?

La maladie d’Alzheimer est la maladie neurodégénérative la plus fréquente du système nerveux. En effet, elle touche plus de 900 000 personnes en France et est caractérisée par une perte de mémoire et une diminution des capacités fonctionnelles. Cette pathologie est malheureusement qualifiée d’incurable, car aucun traitement établi n’a pu prouver son efficacité contre cette dégénérescence neuronale.

En quoi le débit sanguin causerait la maladie d’Alzheimer?

Ce sont des chercheurs du CNRS de Toulouse ainsi que des américains de l’université de Cornell qui ont recherchés la cause de la diminution du débit sanguin chez les patients atteints d’Alzheimer. En effet, on estime une chute de 30% de ce débit en stade avancé, ce chiffre est assimilé à un changement de position (assis au sol à la station debout) très rapide. Ils se sont alors rendu compte que chez des souris atteintes d’Alzheimer le flux sanguin était interrompu dans de nombreux capillaires du cortex par rapport à des souris saines. Ceci est expliqué par un dépôt de neutrophiles (globules blancs) sur les capillaires.

Jusqu’à présent on attribuait la cause de cette maladie aux plaques amyloïdes qui s’accumulaient  dans les neurones. Mais cette équipe a remarqué que ces dernières n’étaient pas concentrées au niveau des capillaires et apparaissaient plus tard dans le développement. Ils sont donc arrivés à la conclusion que la diminution du débit sanguin était la première manifestation de la maladie.

Comment l’étude du flux sanguin a pu être possible ?

Afin de pouvoir étudier le lien entre l’organisation des capillaires et leur fonction, le groupe de chercheurs ont reproduit l’écoulement du sang en laboratoire à l’aide d’un réseau de canaux en silicone. La circulation des globules rouges étaient captée par une caméra. Ce qui leur permettait de suivre leur déplacement dans les mailles. Ils ont alors mesuré leur vitesse et leur concentration. Ces données, issues d’une situation simplifiée, ont été utilisées pour produire des modèles numériques de l’écoulement sanguin afin de créer des situations plus complexes, représentant davantage le système dans le corps humain.

Vers une nouvelle approche thérapeutique ?

La découverte de la cause de la maladie, a poussé les chercheurs à se pencher sur un éventuel traitement. Ils ont alors injecté des anticorps contre les neutrophiles dans des souris atteintes d’Alzheimer. Les résultats sont satisfaisants, en effet avec cette méthode ils ont pu observer la levée de l’obstruction des capillaires ainsi que la disparition des agrégats de globules blancs, ce qui a donc aboutit à l’augmentation du flux sanguin dans le cortex.

Après trois jours de traitement, les souris ont montré une disparition des neutrophiles et ont exprimé des capacités cognitives semblables aux souris saines.

Ces résultats sont très encourageants surtout qu’une simulation numérique a démontré que l’on peut s’attendre à des résultats similaires chez l’Homme. Il faudra donc encore être patient pour un traitement, et suivre l’évolution à travers des essais cliniques. S

Sources : 
http://www.cnrs.fr/fr/alzheimer-la-reduction-du-debit-sanguin-cerebral-joue-un-role-dans-le-developpement-de-la-maladie publié le 11 février 2019, consulté le 18 févier 2019
https://lejournal.cnrs.fr/articles/alzheimer-les-espoirs-de-la-piste-sanguine publié le 26 novembre 2016 par Stéphanie Belaud, consulté le 18 févier 2019
https://www.nature.com/articles/s41593-018-0329-4 - Nature Neuroscience, publié le 11 février 2019, consulté le 18 févier 2019 .