Ces derniers temps, Le Comprimé n’est pas très sage. Articles sur la drogue le sexe et le rock’n’roll… Promis, on se fera sages avant Noël !

En attendant, nous allons parler de la MDMA, le principe actif de l’ecstasy.

3,4-Methylenedioxymethamphetamine, MDMA

Sous forme de pilule, c’est une drogue récréative très connue dans le milieu de la fête, classée comme stupéfiant dont l’utilisation est formellement interdite d’après le Code de Santé Publique. Les effets sont en premier lieu stimulants (diminuant la sensation de fatigue), puis un sentiment de calme, d’empathie et la sensation de pouvoir communiquer facilement avec les autres arrivent après coup.

 

Une récente étude de phase II pourrait démontrer l’utilité de cette substance dans le cas d’un stress post-traumatique.
Pour rappel, un stress post-traumatique est une pathologie qui arrive après un événement qui cause un traumatisme psychique (un accident, un choc émotionnel…etc). Quatre groupes de symptômes sont observés au cours de l’état de stress post-traumatique (ESPT):
– Le fait de revivre constamment un aspect de l’événement.
– Le syndrome d’évitement, qui entraîne souvent une coupure sociale et un évitement des autres par peur de voir des souvenirs remonter.
– Les changements négatifs dans les pensées et les émotions. Les personnes n’arrivent plus à ressentir des émotions positives, comme la joie.
– Un état d’alerte extrême permanent.
Tous ces symptômes rendent évidemment la vie compliquée aux personnes souffrant d’un ESPT, et de nos jours cette maladie reste extrêmement compliquée à soigner.

Changement des symptômes du ESPT suivant le temps. On voit que les symptômes diminuent grandement durant les études en aveugle. Par la suite, les études ont été ouvertes, et on voit que les symptômes diminuent encore. Enfin, 12 mois après les prises, on observe que les symptômes restent inférieurs à la ligne de base.

Le but de cette étude était de voir l’efficacité et la sécurité d’une psychothérapie assistée par la MDMA dans des groupes de thérapie.
28 personnes avec un ESPT chronique ont été randomisés dans une étude en double aveugle qui compare la réaction de deux doses dites « actives » (une de 100mg et une de 125mg) et d’une « faible » dose  de 40mg MDMA, administrées pendant 8h de sessions de psychothérapies.
Les résultats de cette étude montrent les groupes prenant des doses dites « actives » ont eu la plus grande réduction des symptômes post-traumatiques (définis par une échelle clinique). De plus, les symptômes sont restés plus bas que la ligne de base 12 mois après l’arrêt des prises. On peut aussi lire qu’il n’y a pas eu d’effets néfastes et que le traitement a été bien toléré.

Une phase III de ces essais cliniques est programmée, avec un échantillon de 200-300 participants. Au final, rien n’est encore sûr, mais cette étude ouvre de nouvelles portes pour les malades !

Sources:
www.drogues-info-service.fr : Consulté le 04/11/18, fiche sur la MDMA/ecstasy.
www.invs.santepubliquefrance.fr : Consulté le 04/11/18, dossier sur l'état de stress post-traumatique.
Grigsby, J., Poulter, B., Van Derveer, J. W., Giron, S. G., Jerome, L., … Doblin, R. (2018). 3,4-Methylenedioxymethamphetamine-assisted psychotherapy for treatment of chronic posttraumatic stress disorder: A randomized phase 2 controlled trial. Journal of Psychopharmacology. https://doi.org/10.1177/0269881118806297