La mortinatalité concerne toute expulsion d’un fœtus mort après au moins 22 semaines de gestation, par opposition à l’avortement ou à la fausse couche, qui se déroulent avant l’échéance des 22 semaines de développement. La France fait d’ailleurs figure de mauvaise élève : selon le « Rapport européen sur la santé périnatale » publié par l’INSERM en 2013, l’Hexagone comprendrait le taux de mortinatalité le plus haut d’Europe.

Conscients que 9,2 naissances françaises sur 1000 ne parviennent pas à leur terme une fois le stade des 22 semaines atteint, des chercheurs britanniques ont évoqué l’existence éventuelle d’un lien entre position de repos de la mère et survenue d’une mort in utero. Parmi une cohorte de plus de mille femmes, dont 291 ont dû traverser la mort in utero de leur fœtus, une enquête sur les habitudes d’endormissement a été menée.

Le constat est sans appel : la position dorsale serait particulièrement incriminée, augmentant de 2,3 fois le risque d’un cas de mortinatalité chez une femme arrivant au troisième tiers de sa gestation. Autre prospection statistique : si aucune femme enceinte ne dormait sur son dos, le nombre de mortinatalité tardive diminuerait de 3,7% en Angleterre.

Comment expliquer cette découverte ? Seules des hypothèses peuvent être avancées, dont notamment une diminution d’apport en oxygène pour le fœtus. En position dorsale, le poids du bébé et de l’utérus contraindrait sensiblement la circulation sanguine de la mère au fœtus, d’où une hypoxie accidentelle. Une véritable prise de conscience, au moment de la publication de l’étude : de nombreuses associations anglo-saxonnes avaient entamé des campagnes de communication et de sensibilisation au sujet des positions de sommeil auprès des femmes enceintes ou prévoyant de l’être.

 

Source : T. Stacey et al, « Association between maternal sleep practices and risk of late stillbirth : a case-control study », British Medical Journal (2011).