Les vampires constituent un mythe parmi une panoplie de légendes faisant leur grand retour chaque année à la même période. C’est donc le bon moment de se pencher un peu plus sur ces créatures maléfiques, d’où viennent-elles ? A quelle pathologies peut-on les comparer ?

En réalité, le terme « vampire » existe depuis bien longtemps, les premiers récits décrivant ces hommes et femmes allant aspirer le sang des autres êtres vivants datent de l’Antiquité. Mais la définition de ces créatures a évolué au fil du temps, et nous pouvons faire le rapprochement avec des pathologies, en particulier avec la porphyrie.
Il s’agit d’une maladie caractérisée par la présence massive de porphyrines, molécules précurseurs de l’hème et donc par une carence en hème. Cliniquement, les patients présentent des douleurs abdominales et de nombreux troubles nerveux. Cependant, le rapprochement avec les vampires peut se faire particulièrement avec la porphyrie érythropoïétique congénitale, également appelée « maladie de Günther » plus précisément. En effet, cette pathologie, due à une carence en enzymes permettant la synthèse de l’hème, est caractérisée par différents symptômes permettant le rapprochement au vampirisme. Les patients souffrent d’une épidermolyse à l’exposition de la lumière du soleil, ils présentent une coloration rouge des dents et des ongles, puis une nécrose des tissus conjonctifs gingivaux, faisant ressortir les dents, d’où une comparaison physique et comportementale avec les vampires. De plus, les patients ont également une anémie hémolytique, qui était autrefois traitée en buvant du sang. Il est également intéressant de noter le fait que les patients ont fréquemment une allergie à l’allicine, contenue dans l’ail, qui fait aussi fuir les vampires dans les légendes.
Ainsi, lorsque l’on prend en compte ces informations, nous pouvons facilement comparer la porphyrie chronique au vampirisme, mais des différences doivent également être notées : les vampires sont décrits comme des êtres en bonne santé, ce qui n’est pas le cas des personnes souffrant de porphyrie. En effet, cette pathologie est une maladie orpheline, difficile à traiter, la prise en charge est difficile et lourde (transfusions répétées, splénectomie souvent nécessaire, protection solaire extrême…).

En outre, parmi les pathologies nous rappelant le vampirisme, on peut également citer le symptôme du « vampirisme clinique », qui est très rare mais peut être très spectaculaire. Cela consiste en une envie d’ingestion de sang, de soi, ou d’autrui, on le trouve souvent chez des personnes souffrant de pathologies mentales, dont la schizophrénie et les paraphilies.

Pour en savoir plus sur la porphyrie :
A.M. Cox. : « Porphyrie and vampirism : another myth in the making ». In Postgraduate Medical Journal. Nov 1995.
Orpha.net : la maladie de Günther