Cela fait des années que les dragons ne vous font plus peur et que vous collectionnez les araignées ? Qu’à cela ne tienne, il est donné l’occasion à l’auteur de vous conter une histoire bien plus sombre et bien plus terrible que ce qu’il vous a été donné de lire, et qui vous rappellera sans doute quelques souvenirs…

An de grâce 2005, au matin du 17 octobre, Didier Houssin alors délégué ministériel, annonce qu’une pandémie est proche et inéluctable. Qu’un virus frappera bientôt fort les populations animales et humaines. Ce monstre invisible, c’est le porteur de l’hémagglutinine 5 et de la neuraminidase 1, succinctement nommé H5N1 , ou encore grippe aviaire, un variant extrêmement létal de la grippe, entraînant jusqu’à 90% de décès !
Presque instantanément, c’est la panique.
Pourtant, le pays a été prévoyant, et a reçu durant l’année quatorze millions de doses de Tamiflu, inhibiteur des neuraminidases virales…. Prévoyance qu’on lui reprochera longtemps comme une vaste dépense inutile.

Douze ans après, le spectre de cet ennemi est presque oublié par la population.
Et pourtant …
Car celui ci a muté. Comme pour se refaire une jeunesse, il se nomme désormais H7N9 (en mutant ses variants antigéniques).
Détecté en 2013 dans les poulaillers chinois, il s’est frayé un chemin jusqu’aux mammifères, en contaminant et tuant des furets…
Entre ces deux périodes, il a atteint près de 1600 personnes, tuant 40% d’entre elles.
Les échantillons récupérés après le décès d’un homme chinois ont même révélé une nouvelle mutation du virus, qui est désormais résistant au Tamiflu.
Inquiétant… surtout quand un virus aussi infectieux se met à passer d’animaux en animaux avec de plus en plus de facilité et qu’il gagne en létalité et s’octroie au passage des résistances au maigre arsenal thérapeutique dont dispose l’humanité.

Et c’est afin de se préparer à une sombre éventualité que l’équipe de Yoshihiro Kawaoka, de l’université du Wisconsin, a décidé d’étudier la propagation et la dangerosité du virus chez les mammifères ( souris, furets et macaques)
Pour ce faire, ils ont comparé le virus sans résistance au tamiflu, celui avec, et le premier échantillon sur lequel son équipe avait travaillé en plaçant un animal contaminé dans une cage adjacente à celles des animaux sains, reliées par une aération. Tous les animaux furent contaminés, chaque virus ayant la capacité à infecter et à provoquer des symptômes. La souche non résistante qui circule en chine a même tué 2 furets sur 3.

Faites attention à  ne pas le croiser au détour d’une ruelle une nuit sombre d’hiver….

Pour ceux qui n’ont peur de rien