La plus grande étude contrôlée sur les effets sur la santé à long terme d’une consommation modérée et chronique d’alcool a été autorisée par le NIH (US National Institutes of Health) et va débuter le 1er septembre 2017. Programmée pour 6 ans, l’étude espère pouvoir recruter environ 7800 personnes âgées de plus de 50 ans.  Les participants seront aléatoirement assignés à un groupe test qui devra consommer l’équivalent d’une unité alcoolique par jour ou à un groupe contrôle qui s’engagera à ne pas boire une seule goutte d’alcool. Le choix de la boisson est laissé aux participants.

L’étude vise à apporter des éléments de réponses sur les effets sur la santé d’une faible consommation d’alcool dans un contexte de controverse médicale.

En effet de nombreuses études rétrospectives ont obtenues des résultats contrastés sur le sujet : il apparaît tantôt un bénéfice, particulièrement sur le plan cardiovasculaire et du diabète et parfois aucun effet positif voir même des effets délétères en terme d’incidence de cancers.

L’apport d’une réelle étude prospective est immense, ce type d’études étant beaucoup plus fiable que les études rétrospectives.

Nb : une étude rétrospective analyse des données obtenues par questionnaire sur les habitudes de vies et qui constitue des groupes d’études à posteriori. Au contraire l’étude prospective constitue des groupes avant le début de l’étude et suit des personnes assignées aléatoirement à un groupe ce qui enlève les fluctuations d’échantillonnages.

L’objectif premier est de mesurer l’incidence des accidents cardiovasculaires et la mortalité totale dans les deux groupes. Une analyse subsidiaire sera menée sur l’analyse du diabète et la survenue de maladies cardiovasculaires. La durée de l’étude et le nombre de participant ne permettra pas d’étudier de manière fiable la survenue des cancers.

Elément important qui risque d’amoindrir la force de cette étude : elle est sponsorisée à hauteur de 70 % (sur 100 millions de fonds obtenus) par cinq des plus grands groupes producteurs de breuvages alcooliques : Anheuser-Busch InBev, Heineken, Diageo, Pernod Ricard et Carlsberg.

Les investigateurs de l’étude, membres de l’université de médecine de Harvard mitigent ce point en assurant que le protocole de l’étude et les contrôles qui seront réalisés ne permettent pas aux sponsors d’influer sur les résultats.

 

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